Bottes de 7 lieues

14/11/2017

J'ai chaussé il y a quelques mois une paire de botte de 7 lieues.

Les questionnements sont nombreux, les prises de consciences également.

Certaines réponses jaillissent comme des évidences libératrices, d'autres s'imposent avec la dureté de ce qui a été muselé trop longtemps et d'autre encore éclosent doucement, jeunes pousses fragiles et déterminées, frayants leur chemin inexorablement entre les lourdes pierres du passé, des portes scellées au sceau d'une souffrance niée.

Qu'on a choisi d'oublier.

Le chemin que j'ai choisi fissure les édifices branlants et si je veux poursuivre avec honnêteté je me dois d'affronter certaines vérités, sans détourner le regard ni le cœur.

Alors cette lettre je vais l'écrire.

A Lui, qui ne m'a jamais aimée, dont j'ai longtemps cherché et quémandé l'amour, l'approbation...la considération. En vain.

Lui dont j'ai fini par le sortir de ma vie, pour avancer dans ma quête insatiable d'être et de bonheur.

Lui que j'ai craint, dont j'ai subit les coups, les mots plus blessants que les regards méprisants, le désamour, le désintérêt, l'indifférence. Douleurs toujours.

Parceque cette lettre sera mon pardon, parce qu'on avance pas avec la rage et la colère au cœur, ni la rancune d'ailleurs.

Et je vais aussi cultiver ces jeunes pousses, pâles encore, fragiles...essentielles.

Parceque doucement je La fais descendre, Elle, du pied d'estale sur le quel je l'ai placée.

Elle qui longtemps fut mon modèle, la seule voix à la quelle j'accordais ma confiance, celle à qui je voulais ressembler en tous points, dont j'admire l'intelligence, dont j'ai porté les fardeaux et les souffrances.

Elle que j'ai toujours chercher à protéger, trop consciente de son immense fragilité, niant dans cette quête ma propre essence.

Marche après marche, avec douceur, avec respect, je la ramène à ce qu'elle est.

Désacralisation maternelle, je sens que j'entrouvre ici une porte si lourde.

J'ai peur. Je pleure, souvent, seule.

C'est ardu. L'amour que je porte à mon fils, ma vie, mon souffle, me porte et me pousse.

Je lui dois ça et tout le reste.